MON CIEL
Longtemps je me suis couché de bonne heure.
Poussé par l'habitude, et une sorte de lassitude mentale.
Et à chaque fois, invariablement, je me suis dit, mon petit, que fais-tu de ta vie ?
Très souvent, après une journée de labeur, aux attraits peu nourrissants, j'avais de fortes
tendances au ramollissement cérébral.
La grosse pulsion de vie qui frémissait sous ma cendre ne pouvait se résumer à
ce lent et morne flux et refZux, ce va-et-vient routinier tellement banal et
classique : Travail-Trajet-Télé-Sommeil, où les véritables transports étaient
rarement présents.
Agonie partielle, mort lente se terminant chaque soir en léthargie soporifique,
mille fois martelée, renouvelée sans fin. Non ! vraiment ce n'était plus possible !
Et, au bout du chemin, la vraie agonie, sans retour, et puis plus rien ! Attention
de ne pas attraper la mourite avant d'avoir cultiver le goût du vivre.
Sincère, fougueux, le créateur aspire à une respiration plus lucide, une vraie
fatigue,un vrai repos ! une vraie vie !
Le commun des mortels est sans excuse s'il se prive du profond mystère qu'est la
contemplation du ciel.
A la tombée du jour, le coucher du soleil est déjà une grande féerie, un joyau magnifique,
auquel succède le crépuscule, qui annonce triomphant la magie de la nuit.
Alors, que faire ? Echanger le grand écran vide et haut, par le grand vide d'en haut et,
simplement, ouvrir grand sa fenêtre, écarquiller les yeux, décoiffer ses cheveux, faire voler
ses oripeaux.
Tout ouvrir : la peau, les oreilles, la bouche, le nez, l'ouié tendue, humer le silence naissant,
comme on respire une fleur, se perdre dans les étoiles, se préparer à vivre un festin de roi,
un vrai rêve, son rêve... pour naviguer vers une île, son île.
Embarquer pour Pluton, Jupiter, Mars, se préparer à accueillir les anges, pourquoi pas
glisser dans les brumes de Vénus, et succomber, s'extasier de cette suave clarté à la tendre
pâleur féminine, goûter avec raffinement cet univers, notre univers. Simplement en levant les
yeux, en osant maintenir un long moment la tête au ciel. Sans lâcher le contact, les pieds
solidement ancrés sur notre terre.
S'imprégner, déguster la légèreté de l'air et, comme Pierrot, offrir ses pensées à la lune, se
couler dans ce bain sombre piqueté d'étoiles afin d'y laver ses chagrins.
Se laisser recouvrir par cet immense chapiteau, au spectacle sans cesse renouvelé
Ciel mutant sans répit. Et ravi, l'on se surprend à déclamer.
Ciel ! tu as droit de regard sur notre profondeur !
Pénombre ! tu nous éclaires sur notre noirceur
Ether, tu nous berces par la douceur de tes infinis.
`" Pris au corps et au coeur par cette démesure
Notre vision perd ses limites, et notre corps s'allège
Majestueuse et silencieuse mélodie venue d'ailleur
Olvmpe, tu es partition céleste aux mystérieux arpèges lactés
Cosmos qu'aucun ordre humain n'est venu encore contrarié
Je hisse ma voile vers cet océan de clarté diffùse
J'admire cette danseuse infatigable à la grâce éternelle
" Je pulse corps et âme aux charmes de la vibration originelle
Je laisse mon regard se perdre loin vers un infrarzchissable horizon
Et je reste figé, béat, devant ce grand passé plein de floraisons
Ombre-clarté, soeur de la lune, qui fait lever les océans
Tu fais pousser des roseaux dans la tête des lwmmes-goélands.
Laisser dériver sa gondole et pointer sa vision télescopique vers un amas de poussière pour
s'accorder à cette pulsation céleste.
' Puis, se laisser partir... percevoir, entrevoir, imaginer, rêver, se fondre, disparaître, mourir
à l'instant, renaître au présent, dilater le temps, tirer les limites et tendre vers cet horizon
infranchissable, porteur de vie.
Obscurité pathétique, peur primordiale, noirceur encrée, plus habitée qu'une fourmilière
humaine, rideau incrusté de perles éclatantes pour faire scintiller notre prochain sommeil.
Et pourtant, aux mêmes instants, dans des lieux surchauffés, aux horizons bouchés, des
pauvres hommes : pères, mères, femmes, enfants, plongent sans fin dans la même
" inconscience et négligent cette féerie unique, sans cesse renaissante.
. Ils sont fascinés, oui ! comme les pies, mais par des fausses lueurs.
Elles ne leur apportent que peu de chaleur et ils sombrent inertes, l'esprit brouillé, comme
perdus, sans but, devant leur écran de couleurs, en espérant tristement des illusoires jours meilleurs.
" Quel contraste avec les lutins poètes qui pendant ce temps, s'évadent joyeusement et à l'aide
de leurs yeux-pinceaux colorent leur monde avec la vapeur de leur nausée.
Ils tentent d'ouvrir nos paupières et nos yeux aux regards nouveaux
'"' Visionnaires qu'ils sont.
.- Cette abysse étoilée est leur félicité, leur espoir, leur poumon, leur terreau inépuisable
Où ils plantent en lettres d'hermine les pousses nouvelles, fondements-racines de nos
firmaments, la semence de leur humanité naissante.
Ils gravent sur ce fabuleux tableau, les nouveaux mots qui font naître en secret les jeunes
fleurs de nos futures destinées
Et distillent avec cette eau de jouvence parfumée le nectar des nouveaux mondes.
-- Pour qu'un jour prochain, ils bousculent notre cahot, afin d'y faire triompher une nouvelle
clarté.
Toi, petite comète perdue dans cette voie lactée aux milliards d'étoiles, parmi ces hommes
cyniques, aux coeurs trop secs et aux regards étroits, tes yeux rivés à leurs univers limitant ;
Prends ton réel envol ! Accroche ta main au bras des fées aux sourires célestes, apprends
leur langage et nourris-toi au son de leurs légendes, pour mieux décrypter les arpèges de la
vie.
Enfourche le grand chariot puis le petit chariot qui mènent à la Grande Ourse
,
Laisse-toi guider par l'étoile du berger, ne sois jamais mouton.
Alors seulement, après cette lumineuse croisière sidérale, tu pourras te laisser glisser, dans
un repos profond le vrai sommeil du juste.
i
Entrer heureux dans cette torpeur réparatrice entre vie et mort, la tête pleine d'étoiles de mer et...
Oublier, oublier vraiment, souci, tracas, chagrins des petits humains.
Sentir le bien d'être, frôler le rien du tout.
Et en te levant, comme les poètes, tu fredonneras comme eux :
Seul la nuit fait ouvrir les portes des prisons
Elle arrache les verrous des geôles de l'âme
Soir, tu rimes avec espoir
Ciel, tu rimes avec miel
Nuit, tu es miel de l'espoir
Aube d'un jour nouveau
Où tous les hommes seront beaux.
Plus jamais, je ne me coucherai
Sans avoir goûté ne serait-ce qu'un instant
,
A cette tendre lumière, le nectar des étoiles
Et si en cultivant ainsi votre horizon,
Une goutte d'eau céleste vient par hasard mouiller pudiquement votre front
C'est certainement que votre attention était si belle, tellement pleine de foi
Qu'elle en a ému les anges, et qu'ils en pleurent de joie.
Ciel ! tu as droit de regard sur notre profondeur !
Pénombre ! tu nous éclaires sur notre noirceur
Ether tu nous berces par la douceur de tes infinis
Pris au corps et au coeur par cette démesure
Notre vision perd ses limites, et notre corps s'allège
Mâjestueuse et sitencieuse mélodie, venue d'ailleurs
Olympe tu es partition céteste, aux mystérieux arpèges lactés
Cosmos qu'aucun ordre humain n'est venu encore contrarié
Je hisse ma voite vers cet océan de ctarté diffuse
J'admire cette danseuse infatigable â la grâce éternelle
Je pulse corps et âme aux charmes de la vibration originelte
Je laisse mon regard se perdre loin vers un infranchissabte horizon
Et je reste figé, béat devant ce grand passé plein de floraisons
Ombre-ctarté soeur de la lune, qui fait lever tes océans
Tu fais pousser des roseaux dans ia tête des hommes-goélan
Tu es régal pour tes petits lutins poètes
Abysse étoitée,tu es leur poumon, leur espoir, teur félicité
Et avec leurs yeux et les vapeurs fécondes de leurs nausées
Ils ouvrent nos paupières et nos yeux aux regards renouvetés
Ils fabriquent en secret, l'essence de fleurs de nos futurs destinées
Et distillent avec cette eau de jouvence parfumée
Le nectar des nouveaux mondes
Et ils fredonnent cette balade
Seule la nuit fait ouvrir les portes des prisons
Elle arrache les verrous des geôles de l'âme
Soir tu rimes avec espoir
Ciel tu rimes avec miel
Nuit tu es miel de t'espoir
Aube d'un jour nouveau
Ou tous tes hommes seront beaux
Je jure au ciel ,que ptus jamais
Plus jamais, je ne me coucherai
Sans avoir goûté, ne serait-ce, qu'un instant
A cette tendre lumière, le nectar des étoites
Et si, en cultivant ainsi votre horizon
Une goutte d'eau céteste vient par hasard , un pur hasard
Mouiller pudiquement, votre front lissé
C'est certainement que votre attention était si belle
Et tellement pleine de foi
Qu'elle en a ému les anges et qu'ils en pleurent de joie.

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