Evocation de très bon moments dans une épreuve de marche collective, aussi célèbre que le Paris Roubaix en vélo.
Je passe le relais volontié à un ami et ancien partenaire de marche de cette belle épreuve d'Amour et d'Energie, tournée vers la vie!
LES AMI(E)S DU JOGGING DE LIMAY 78
Good Nigth , and Good Luck : Paris-Mantes 2006
N ‘ oubliez pas l ‘année prochaine les Amis du Jogging aurons 20 ans et ne dit on pas on n’a pas tous les jours 20 ans .Ce sera pour le 16 Janvier 2007 ceci pour les amateurs de précision. Vingt années que son géniteur que vous connaissez bien ( pour les plus anciens) a défendu l’ humanitaire et le sport .Le Paris -Mantes fut pour ma part un déclic et un commencement .Il s’ adresse a tous en partant du junior aux vieilles pointes , de la femme a l’ homme et du débutant au très confirmé .Remercions en guise de préambule ces courageux bénévoles qui s’ occupent de nous (nous les âmes rebelles et égarées) ces bergers du quotidien qui canalisent nos égarements .Pourquoi faisons nous du sport ?. Pourquoi poussons nous nos limites plus loin, toujours plus loin, vers l’impossible. Pourquoi avons-nous le besoin de bouger alors que d’autres prennent plaisir à l’écriture, à la lecture, au dessin, à la musique, au bricolage .Vous me répondrez il y a les intellectuels et les physiques .Effectivement selon les individus il y a des préférences et des plus doues dans un domaine ou dans l’autre (voire dans aucun).
Une personne a dit un esprit sain dans un corps sain .Vous savez chez vous ce qui est le plus sain ? .Et puis après tout la vie passe trop vite pour ce poser ce genre de question. Ce ne serait pas un effet de vase communicant .Oui vous savez une histoire d’endorphines qui soulagent nos douleurs voire nos souffrances .Moi après une bonne séance de physique je tends vers la plénitude .Vraiment une bande de drogués et de tarés ces sportifs ! Je vous ennuie avec mes états d’âme détruisez ce bout de papier et repartezbosser.
Vous restez encore avec moi : félicitations vous allez faire parti d’un club voire d’une secte. Le gars qui fait du sport est-il un être primaire qui veut impressionner ou un pauvre hère qui cherche une porte de sortie, une délivrance, une drogue, un rêve peut-être même une utopie .Pour en parler il faut avoir approfondi le sujet (être un professionnel ou avoir une grosse expérience derrière soi). Non pas le professionnel car il en vit .Et a l’heure actuelle le ZZ est richissime il a un beau profil de vainqueur et fait de la publicité pour un rasoir (comme s’il était dans le besoin)
Il faut dire qu’il en a bavé : enfant surdoué il prend sa retraite a 35 ans dans la pleine force de âge comme on dit Vous on va vous dire que vu le contexte économique et mondial : vous aurez une petite chance de partir vers 60, voir 65 éventuellement 70 si tout va bien. Non décidément ce sportif là fait partie de l’exceptionnel, d’une minorité qui s’enrichit via l’activité physique .Attention me direz vous, tu tournes politique tu donnes tes sentiments, nous nous éloignons du sujet qui nous intéresse : Paris Mantes 2006.
Eh oui la marche, puis la course à pied c’est avant tout de l ‘ humilité, être dur au mal (ce qui n’est pas suffisant), vouloir avant de pouvoir, c’est finalement la difficile école de la vie.Après la naissance l’un des moments les plus magiques de l’homme n’est-il pas ces premiers pas vers le monde qui l’attend. Cette fameuse fois où il quitte le quatre pattes pour devenir un bipède .C ‘ est grâce a ce simple mais efficace mode de locomotion que notre aïeul a pu coloniser le monde de son berceau premier l’Afrique .Depuis nous avons beaucoup évolué je vous l’accorde. Nous sommes à l’heure du Web et nous nous tournons vers les étoiles .N’est-ce pas Pascalus mon pote le Celte toi qui n’a peur que d’une chose : que le ciel te tombe sur la tête. Mais je reste pour l’instant un simple terrien qui contemple simplement l’horizon quand cela reste possible.
Traverser des grands espaces, ne pas sentir des murs autour de soi n’est-ce pas le commencement de la liberté pour des populations qui deviennent de plus en plus sédentaires presque cacochymes .Marcher ou courir c’est se prouver que l’on vit, pas au ralenti mais à pleins poumons, faute de voler comme l’oiseau (fais comme l’oiseau dit la chanson) nous progressons sur nos guiboles. Certains diront il faut être c.. pour faire 54 kilomètres de nuit, vous avez la voiture c’est nettement plus rapide. Mais je rétorquerai que la confrontation avec soi-même, sa volonté, son ego est une chose inestimable. Mieux se connaître est aussi le but non lucratif de ce périple. Evidemment ça ne rapporte rien diront certain : mais pour une fois où l’on ne parle plus argent. On parle plutôt courage ou folie comme vous voudrez : des conquérants de l’inutile. Et puis c’est un domaine où malgré des baratineurs et bluffeurs, on ne triche pas longtemps ! .Le maçon est vite au pied du mur. Notre camarade Pascalus parle de : riche en gueule qu’est-ce donc cette bête là ? .
Il nous gave « l’écrivain » avec ces discours il commence quand ton Paris Mantes, bonhomme ! .
Maintenant nous sommes presque dans le bus départ la Source , je fais le compte : Ghislaine,Marie,Rosamont,Bruno,Francis,Jean-François , Daniel,Paul , Pascal le N, Pascal G,Raphaël,Jean-Yves,Eric,Lionel,Jo et son petit-fils , tous motivés pour une nouvelle nuit blanche et particulièrement froide de marche.54 Kilomètres au programme : vous me direz ce n’ est pas le bout du monde mais il faut être modeste : les boucler c’ est toujours gratifiant. Michel rêves tu toujours d’une arrivée en 6h 23 en marche athlétique ou celle de l’ escouade au complet comme un seule homme avec la chanson : un kilomètre à pied ça use,ça use : j’ attends ta réponse !.
Dois-je te remercier une nouvelle fois pour m’avoir initié au goût de l’effort et de l’entraînement .Le Paris -Mantes j’avais toujours voulu le réaliser comme le Marathon .Il me fallait mon Aimé Jacquet, celui qui donne les précieux conseils .Nous avons grimpé dans l’autocar comme à l’habitude plein d’allégresse pour plaisanter comme des enfants de quatorze ans .C ‘ est aussi cela un Paris Mantes c’est retrouver un groupe pour la convivialité et le soutien mais personne ne pourra marcher à notre place ! Nous avons retrouvé Boulogne (sous une légère pluie) et cette mairie (l’architecture ne plait pas à Paul) et nous présentons le départ .Celui ci est donné à minuit comme le veut la coutume .Je part avec Lionel qui tout feu tout flamme me semble très motivé.
Nous prenons un rythme marche et petit trot qui fait râler les puristes .Effectivement c’est une marche de nuit, mais nous n’aurons ni classement officiel ni récompense en monnaie : ce n’est pas un championnat du monde .Nous formons désormais un groupe de quatre avec Francis et Jean-Yves .Les autres sont derrière avec notre président Paul qui va se sacrifier comme un excellent président Je m’explique : il va soutenir le moins rapide .Nous devons pour cela lui rendre hommage a commencer par moi .Nous nous filochons devant avec un Yoyo de plus en plus décidé à faire un chrono .Il veux 7 heures à Mantes et il l’ obtiendra .La cassure s’ opère je n’ai pas su prendre le bon wagon tant pis pour moi je n’avais pas assez faim !. Nous allons retrouver le ravitaillement où Michel nous attend à coté de l’emblème du club. Marithé et Daniel sont là fidèles au poste celui-ci est terrassé par une grippe mais il assure quand bien même .Eh, Micheline tu dors ou tu rêves ? .Je me change rapidement, il me faut reprendre la route et traverser le bois .Je le traverse bien à l’abri du vent .Une petite conversation avec un inconnu et voila déjà le plateau des Alluets qui se profile.
Celui-ci est froid comme souvent et il nous faut gagner le deuxième ravitaillement entre St Gemme et Les Alluets .Je retrouve nos braves ravitailleurs et après une brève collation je repars prêt a joindre Maule, puis Jumeauville .Dans le cœur de la nuit je partage un moment de solitude qui m’est parfois nécessaire pour mon équilibre personnel .Ce doit être mon coté obscur .Je marche seul comme dans la chanson de Goldman. Nous sommes donc au 35 ieme kilomètres et il est a peine 5 heures .Tiens 5 heures (la belle affaire) je vous livre de suite un petit passage sur l’épopée Napoléonienne. Je suis ébahi par cette époque difficile .C ‘était autre chose du temps d’ Austerlitz aurait pu nous dire un grognard.
Quant à Davout, il va devoir remonter de Vienne, qui se trouve à 120 kilomètres .Ses régiments vont franchir la distance –à pied- ! -en vingt-sept heures de marche…..Le caporal Blaise du 108e de ligne, racontera plus tard les officiers hurlant pour tenir les hommes éveillés, le pain trempé de vin pour seul nourriture, la neige tombant la nuit sur les marcheurs épuisés, et les combats commençant à 5 heures du matin.
Effectivement l’époque n’est plus la même et s’agit-il de courage ou d’autre chose. Mais de tout temps il vaut mieux être fort dans son corps comme dans sa tête mais le choix est-il possible ? .Je dépasse des jeunes qui se sont perdus dans un défi trop long et monotone. Ils sont friands de spectacle à l’américaine : plein de couleur, de paillette, et de bruit, beaucoup de superficiel .La c’est autre chose on plonge dans sa volonté, on explore sa motivation, on découvre ses faiblesses, sa fragilité, ses limites. Je grappille quelques raisins secs a Jumeauville pour penser a l’arrivée .La montée juste après le croisement de Goussonville me rappelle des souvenirs. C ‘ était un mois ensoleillé de Juin 1999 et je repartait de zéro dans une chaise roulante .Trêve de sensiblerie il faut boucler le parcours et plus vite que ça msieurs dames. J ‘espère apercevoir mon Yoyo mais celui-ci a fait la bonne échappée .Cela reste un jeu, mais a priori plus on vieillit moins on joue c’est bien dommage. Je prend un chocolat chaud à Senneville et je dévale la descente que vous connaissez tous .Je remonte la ligne droite vers la nationale 13, je salue le restaurant Chant ‘ Reine et pénètre dans Mantes. Apres la petite montée de la gare je m’engouffre dans la rue de Lorraine Une fois de plus je retrouve le gymnase et je pense déjà à l’année prochaine.
Je ne me lasse pas, je ne veux pas papillonner d’activité en activité j’ai soif d’approfondir. Peut-être même qu’il est maso le mec.
C ‘est physique et mental, tout passe par le corps, et dans mon corps.
Tout part du corps, tout ramène au corps.Corps exposés dans les harems,
Corps déchirés sur les champs de bataille.Corps convoités, corps abandonnés.
Je bois quelques gorgées pour me réhydrater et je pose mes fesses dans un coin à l’entrée. Et j ‘ attend les suivants qui arrivent Jean-Yves, Francis, Pacal, Raphaël .Et si j’allais retrouver la troupe qui doit s’approcher du but maintenant .Je reprends en sens inverse le chemin et rapidement j’aperçois les deux filles qui finissent en beauté en footing presque fraîches comme des roses .Je poursuis croise Bruno et me voici bien après la gare voila Eric et Daniel : le premier fait le cake mais il lui manque les raisins il marche comme charlot. Le deuxième
dans un sursaut d’ orgueil démarre sous nos yeux : à 63 ans on a encore du jus !. Les minutes passent et je renonce à attendre le reste des courageux .Ceux-ci sont sûrement les plus méritants car je connais le prix d’une fin de parcours au mental,presque qu‘au mental .Nous avons eu notre bol d’air, nous avons eu du mouvement, nous avons vaincu les démons de minuit pour aller au bout de la nuit .Et vous tous à quoi pensez vous après notre petite ballade au clair de lune .Je crois que comme dans d’autres disciplines il y a des croyants et des pratiquants : sommes nous spectateurs ou acteurs ?. Pour nous autres cela fait un certain temps que nous sommes fidèles et nos nombreuses participations prouvent notre assiduité, notre goût, notre appétit, notre affection. Le sport c’est ici et maintenant pas il y a dix ou quinze ans quand nous étions plus jeunes et plus frais.
Est il est vrai que le temps qui passe sclérose notre carcasse peu a peu : j’allais dire à feu doux ? Le plus grand mérite est de la faire bouger dans la durée .La vie je la compare plutôt à une course de fond qu’a une épreuve de vitesse ou de force .Je crois qu’il est temps de conclure ma vision de cette nuit du 28-29 Janvier 2006 je vous salue donc tous les anciens comme les nouveaux et présente mes respects au président .Je vous donne donc rendez-vous pour l’édition prochaine pour ceux qui seront plein de motivation et de conviction.Sportivement
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